Haïti | Politique | Et ils attendent leur saison !

Voilà plus de 15 mois que la 50è Législature s’en est allée. Elle fut parmi les plus bruyantes, si ce n’est la lauréate dans cette catégorie. Ces différentes séances virées au vinaigre en scènes de violences et de sabotages, en témoignent vivement. Jusqu’à date, aucune élection, n’a été organisée en vue de renouveler l’effectif parlementaire au niveau des deux Chambres, ce occasionnant la cadence boiteuse du Législatif, puisque le Sénat a été amputé de deux tiers, et la Chambre Basse totalement vacante.

Dans ladite Législature, des manitous puissants, beaux parleurs, avaient régné sur l’institution en Maîtres et Seigneurs, et prenaient toutes les places dans les médias. Avec ou sans poste aux Bureaux, ils restaient ce qu’ils étaient: super chefs au détriment des pairs, intouchables aux yeux de la population.

La liste est longue, et lourde de noms, tant que ces «cylindrés» pèsent des tonnes dans la balance. Où sont passés Gary Bodeau, Cholzer Chancy, Fritz Chéry, Wilson Hyppolite, Gandhi Dorfeuille?…Ont-ils signé leur retraite dans la Politique? Où sont passés les ex-Sénateurs zélés ? En ont-ils marre de ce merdier qu’ils ont laissé prendre chair ? Et ce tiers qui reste au Sénat n’existe pas, et n’ose même pas se faire entendre, malgré l’amputation de leur pouvoir de convocation et autres.

Entretemps, la nation végète dans cette tanière d’insécurité et de crasse, et nul d’entre ces manitous zélés ne tient mot. Et il est bruit que certains d’entre eux se sont mis à l’abri du kidnapping en se cloitrant, Covid-19 oblige, dans des villas chics aux États-Unis et ailleurs. Certains autres se seraient comme barricadés entre agents lourdement armés et conforts dans des maisons huppées des zones résidentielles dans l’Ouest et un peu partout dans le pays, loin des tohu bohu qui pourrissent le quotidien des citoyens lambdas.

Ils avaient la noble prérogative de contrôler un Pouvoir Exécutif trop porté sur certaines indécences totalitaires/autoritaires, et ont préféré marchander plutôt que de surveiller les intérêts de leurs mandants, au grand mépris des principes régaliens. Ils avaient large gorge pendant leur fonction pour défendre leur camp, leurs intérêts de bas instinct qu’ils s’étaient permis sur les maigres taxes de ces mêmes contribuables qui n’espéraient d’eux que l’accomplissement des prérogatives de la fonction parlementaire, afin d’oser espérer. Et aujourd’hui, ces grands manitous se taisent et se camouflent sous ce lourd silence aussi complice qu’insouciant, comme si la Politique leur était quelque chose d’étranger. Ou peut-être, pour se blanchir face à cette désolation pluridimensionnelle dont ils sont loin d’être innocents.

Par cette attitude, le peuple doit tirer son épingle du jeu et comprendre ce jeu de malins. En Haïti, la Politique reste la plus luxuriante entreprise, et les postes sont des fauteuils faits de beurre et de miel. Mais beaucoup des acteurs politiques, (par euphémisme et souci d’infime réserve pour ne pas dire la totalité,) sont des opportunistes endurcis, et ne font rien pour rien. Mais c’est assez clair, quelle opportunité y a-t-il de se prononcer sur les calamités quotidiennes, de se montrer concerné, si l’on n’est point sûr qu’il y aura élection sous peu? Quel intérêt y a-t-il de dénoncer quoi que ce soit quand on sait qu’à tout moment on peut te nommer «Ministre» si tu te tiens tranquille?

Comme des vautours, ils savent quand envahir, et quand se retirer discrètement.

Des cylindrés comme l’ex Président de la Chambre des Députés Gary Bodeau (dont le beau dos du haut de ses mètres ne lui vaudra aucun retour au Parlement), Cholzer Chancy (ex Président aussi, en perte de chance et de poids), Gandhi Dorfeuille (ex détenteur du porte-feuille de la Chambre Basse), Wilson Hyppolite (ex président du bloc Pro-présidentiel), pour avoir été si puissants et défenseurs du Pouvoir à la dernière Législature devraient s’intéresser à ce que subit le pays, se prononcer, et mieux encore proposer des alternatives au dénouement de cette crise plurielle.

Mais hélas!

Ces opportunistes, politiciens saisonniers, attendent que la saison électorale soit arrivée pour se refaire une peau neuve politique, et nous sauter dessus avec audace et pertinence. Ce sont des êtres instinctifs et prédateurs, ils attendent la saison des amours pour s’accoupler à de nouvelles fonctions, et baiser tout le monde!

Étienne De Saint-Exil
etiennedesaintexil@gmail.com

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