Une chance pour l’Institution Policière

Une chance pour l’Institution Policière.

Par Gey ROBERT

Je partage, pas sans réserve, les revendications légitimes des policiers haïtiens qui, entre autres souhaitent instaurer au sein de la PNH un regroupement syndical en violation flagrante des règlements généraux de l’Institution. L’interdiction de s’organiser en syndicat n’est pas une nouvelle disposition au sein de l’Institution Policière, et pour répéter un ancien IGPNH, cité par le journal LE NOUVELLISTE dans son édition du 10 février 2020 « Les policiers n’ont ni le droit de se syndiquer ni le droit de faire passer leurs revendications de façon collective ; ils le savent avant même leur intégration au sein de la police nationale »

Toujours est-il les revendications d’augmentation de salaire, de meilleures conditions de travail, d’assurance santé, et autres avantages sociaux sont tout à fait correctes et représentent d’une manière globale celles de tout agent de la fonction publique en général, hors mis les cadres supérieurs et les hauts dignitaires de l’Etat.

Il est un fait indéniable que l’écart entre le traitement accordé à un Député, un Directeur General etc. et un policier, un médecin résident et même un médecin spécialiste, un professeur, une infirmière et tous les autres cadres moyens de la fonction publique, demeure, sans conteste, beaucoup trop grand qu’en terme de salaire, de privilèges et toutes sortes d’accommodations liées à la fonction en question.

Cependant il faut rappeler aux policiers

1 -Qu’un médecin résident 1, après six années d’études reçoit 12.600 gourdes et que le salaire d’un médecin spécialiste après neuf années d’études et de 38.000 gourdes et que leurs conditions de travail sont aussi misérables que les leurs.

-Qu’un enseignant ayant un niveau d’étude du 3e cycle fondamental reçoit, suivant son ancienneté (de 3 à 26 ans) un salaire de base de 13.000 gourdes jusqu’à 14.333 gourdes. Un enseignant ayant fait l’École Normale d’instituteur, le salaire de base est de 20,000 gourdes jusqu’à 29.282 gourdes suivant les années d’ancienneté. Un enseignant détenant un bac +3 et qui agit comme directeur au 1er et 2e cycle de l’école fondamentale, le salaire de base est de 21 038 gourdes jusqu’à 40.132 gourdes, suivant les années d’ancienneté. Une enseignante de la fonction publique de plus de 12 ans de carrière témoigne qu’elle perçoive 17.200 gourdes de salaire mensuel qui deviennent 13.500 gourdes après les prélèvements des différentes taxes.

– Le salaire de base prévu pour une infirmière est de vingt et un mille huit cents gourdes (G 21.800) sans aucuns autres avantages sociaux après 4 ans d’études.

C’est le même cas de figure pour les magistrats (Juges et juges suppléants) et les professeurs d’Université, particulièrement à l’UEH.

Donc le problème est global et c’est l’ensemble des salaires des agents de la fonction publique qu’il faut revoir à la hausse tout en révisant, nécessairement à la baisse, les privilèges, pour le moins, extravagants (Indécents pour le pays Extrêmement pauvre qu’est haiti) des dignitaires de cette même fonction publique.

2- Que le comportement affiché le vendredi 14 février lors de la convocation de la coordonnatrice du “SPNH” par l’Inspection Générale de la police Nationale d’Haïti n’était pas correcte, (loin de moi l’idée de leur dicter une quelconque stratégie de bataille), et celui adopté le lundi 17 février qui a favorisé des actes de vandalisme dans les locaux de la Direction Générale de la PNH et l’incendie des infrastructures destinées à l’organisation des festivités carnavalesques était avilissant pour la prestigieuse institution policière. Ces attitudes sont tout simplement indignes de cette responsabilité inhérente à l’institution policière qui est de “Protéger et servir” et quand des notions d’honorabilité et de prestige sont viscéralement liées à votre fonction et assujetties à un ensemble de comportement model. N’en déplaise à certains politiciens.

3- Que le discours de la Coordonnatrice du “SPNH” cesse d’être revendicatif automatiquement qu’il déborde le cadre de revendications strictement liés à l’institution policière et ses membres, pour devenir politique. Vous êtes donc invités à ne pas tomber dans ce piège en cherchant à avoir la sympathie de la population. Vaut mieux une démarche sectorielle et exclusiviste qu’une dynamique populiste qui peut dans un premier temps fragiliser et décrédibiliser le mouvement et dans un second temps affaiblir l’institution jusqu’à sa démobilisation ce qui serait une perte énorme pour le pays et toute la population.

Il s’avère donc indispensable de prévoir une révision générale des répartitions des taxes collectées dans les projets de lois de finances dans les volets fonctionnement et investissement pour éviter le pire qui s’amène. L’institution Policière demeure l’une des rares de la République à garder un certain symbolisme, l’armée a été démobilisée, la justice a été sacrifiée, les partis politiques, piliers de la démocratie, ont été instrumentalisés et neutralisés, la majorité des autres institutions de la république n’ont pas pu échapper à ce vaste processus de mécanisation orchestré depuis tantôt 10 ans par un régime narco-sanguinaire, incompétentt qui baigne dans l’improvisation et qui considère leur multiple échec comme des petites victoires manquées.

Suivez mon regard.

Gey ROBERT

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