BlackLivesMatter : pour notre dignité Ecrit par Wilberde ALOUIDOR

Mon dernier texte, dans lequel j’ai formulé des vœux pour le nouvel an, me semble-t-il, a été prémonitoire. J’avais souhaité « Bon courage et surtout bon combat » aux dignes fils et filles de cette grande Nation, Haïti. Les jours, selon mon humble avis, s’annonçaient déjà sombres, nul n’est point besoin d’être un chaman, mais il suffit de bien observer et suivre le cours de l’histoire.

Il est vrai qu’au cours de l’année 2019, près de cent (100) millions de personnes ont été affectées par des catastrophes naturelles et des milliards de dollars de dégâts constatés. 2020, l’inattendu s’est produit. La pandémie de Covid19 a plongé le monde dans une crise totale et effroyable.

Alors que le monde peine encore à se relever de la pandémie, la mort tragique de Georges Floyd, victime de la brutalité policière simplement parce qu’il est noir, a mis Le monde face à sa monstruosité. Un crime de trop.

Le racisme systemique dans le monde, en particulier aux Etats-Unis qui, à tout bout de champ, se font passer pour champions des droits de l’homme, s’est eclaté au grand jour. L’humanité laisse transparaitre toute sa laideur. A ce niveau il faut se dire alors : est-il toujours question de l’altérité, dont on peut se passer : Civilisé/barbare, Noir/blanc, Esclave/maitre ? Quand avons-nous perdu notre dignité ? Devons-nous nous laisser faire ? « I can’t breathe », est le nouveau slogan pour signifier le poids du racisme systémique meurtrier. Faut-il bien qu’on prenne notre destin en main en tant qu’humain en reprenant avant tout notre dignité.

Haïti a déjà donné le ton. De Jean Baptiste Bouckman pour la conscientisation des noirs en passant par Jean Jacques Dessalines qui a combattu l’esclavage, le racisme et l’inégalité pour proclamer l’indépendance de la première République nègre indépendante suivi par Antenor Firmin avec son oeuvre magistrale : « De l’égalité des races humaines », nous étions toujours du côté des opprimés et au profit du bien-être pour tous. Donc historiquement, nous, les dignes héritiers de Dessalines, Christophe, Capois, Péralte et co ne devons pas nous taire face à cette barbarie des policiers blancs contre la personne de Georges Floyd.

Cette bataille nous concerne tous, toutes, opprimé(es), Fils, filles dignes de la 1ère République Noire. Et, c’est au cœur de la souffrance qu’on a pu s’ériger comme Nation libre. « BlackLivesMatter », ne doit pas s’arrêter à un pur slogan, mais un refus d’accepter l’inacceptable. C’est la négation du mal et un appel pour le sauvetage de ce qu’on est: HUMAIN.

« BlackLivesMatter », c’est un devoir de conquérir la liberté. Cette liberté, elle ne peut être donnée comme a si bien dit l’éminent intellectuel James Baldwin : « La liberté n’est quelque chose que l’on peut donner, la liberté est quelque chose que les gens prennent ; et ils sont aussi libres qu’ils désirent être libres ». Désirons ensemble la liberté. Ce processus entraine un combat acharné contre toute forme d’oppression. Opprimés de partout et ailleurs, unissons-nous. Ceux et celles de mon pays, Je pense à vous qui êtes confinés dans les zones dits de « non-droit », subissant la violence structurelle de l’Etat haïtien, prédateur depuis sa genèse.
En écrivant ces phrases, je pense aux plus vulnérables. Je pense aux oubliés de la Républiques. Je pense aux « Restavèk », aux malfamés. Je pense aux générations futures. Je suis convaincu que c’est à nous, toi et moi, de leur livrer notre testament. Je vous dis que demain c’est aujourd’hui. Que l’avenir de ce pays, de ce monde dépend grandement de nos actes présents. Le combat, c’est maintenant.

Wilberde ALOUIDOR
Citoyen engagé
Juin 2020

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