Les équipes éliminées dès le premier tour de la Coupe du monde sont rentrées chez elles afin de retrouver leurs supporters, exprimer leurs émotions et tourner la page avec leur peuple.
Haïti, elle, fait face à une réalité totalement différente. Les Grenadiers ne peuvent même pas rentrer au pays pour recevoir l’accueil de leurs fans. En raison de l’insécurité chronique, de l’absence de stabilité et de l’effondrement de l’autorité de l’État, la sélection nationale perd ce moment de communion pourtant naturel entre une équipe et sa nation.
Le paradoxe est saisissant. Haïti est la seule équipe qualifiée pour une Coupe du monde sans avoir disputé le moindre match officiel sur son territoire lors des éliminatoires. Une qualification bâtie loin de son public, loin de ses stades et loin de l’atmosphère qui la passion d’un peuple.
Finalement, les seuls à pouvoir rentrer en Haïti après leur séjour lié à la Coupe du monde semblent être le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, et sa forte délégation officielle. Pendant que les dirigeants regagnent leurs bureaux, les héros de terrain continuent d’être privés de leur patrie. C’est une réalité qui transcende le football ; elle témoigne du profond malaise d’une nation qui aspire à retrouver un jour la paix, afin que ses enfants puissent à nouveau jouer, gagner et célébrer chez eux.
redaction@analyseht.com





