Spread the love
"/>

Cap-Haïtien, une ville louée, vite oubliée 

La délocalisation de la cérémonie officielle du 18 mai de l’Arcahaie vers le Cap-Haïtien, sous prétexte de célébration nationale, révèle bien plus qu’une décision logistique.

C’est la confirmation de l’aveu de faiblesse de l’État face aux gangs. En fuyant les zones rouges, le CPT a choisi la solution facile : déplacer les symboles au lieu de déplacer les gangs, afin d’organiser des cérémonies officielles loin des balles.

Les 400 millions de gourdes débloquées représentent un chiffre abstrait. Pour preuve, les responsables locaux ainsi que la population n’ont pas été impliqués dans la gestion du budget de beurre. Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a joué en solo, reléguant les autorités municipales et départementales au rôle de figurants.

Pire encore, la mairie du Cap-Haïtien et la délégation du Nord ont été des invités comme s’il s’agissait d’un banquet privé où les invités de la maison ne sont même pas servis. Le Cap-Haïtien n’a été qu’un décor de circonstance, loué pour quelques jours et une occasion pour permettre aux officiels (ministres, directeur généraux…) proches de PITIT DESSALINES, d’IPAM, de Jean Garry Denis, d’Emmanuel Vertilaire, de Fritz A. Jean, de Moise Jean-Charles entre autres l’occasion de passer des liasses.

Mais que reste-t-il après le passage du cortège officiel ? Rien ! Les montagnes de déchets restent solidement enracinées dans les rues, comme un symbole de l’abandon structurel. Le Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, est traité comme une simple escale, utile le temps d’un événement, puis vite oublié aussitôt les caméras parties.

Ce 18 mai 2025, la nation a peut-être chanté l’hymne, mais elle a surtout vu l’image d’un État déconnecté, qui préfère fuir plutôt que bâtir, imposer plutôt qu’écouter et afficher au lieu de transformer.

Spread the love

    Leave Your Comment

    Your email address will not be published.*