Ce qui se passe à Capital Bank transcende désormais le cadre d’un problème technique d’une institution privée. Depuis le 2 octobre 2026, divers services de la banque ont été affectés, alors qu’un groupe de cybercriminels a revendiqué une attaque contre l’institution. Capital Bank déclare quant à elle que les données relatives à sa clientèle ne sont pas affectées.
Cependant, lorsqu’une institution bancaire se voit dans l’obligation de perturber ou de suspendre une partie de ses opérations pendant plusieurs jours, c’est la confiance envers l’ensemble du système bancaire qui est mise à l’épreuve.
Cette situation soulève une question pour la Banque de la République d’Haïti: où commence véritablement la responsabilité du régulateur lorsqu’une institution bancaire, confrontée à un incident informatique majeur, se trouve dans l’incapacité de fournir normalement certains services à sa clientèle ? La BRH ne saurait se limiter à exercer un rôle de régulateur des chiffres, des réserves obligatoires et de la politique monétaire.
À l’ère de la banque numérique, elle se doit également d’agir en tant que véritable rempart en matière de cybersécurité, de prévention et de protection des consommateurs. Le dossier est d’autant plus préoccupant que la BRH elle-même n’est pas exempte du risque cybernétique.
Selon une évaluation diagnostique publiée sur son site, une cyberattaque survenue en 2023 avait notamment entraîné la perte d’accès du Trésor à son portail en ligne, engendrant des répercussions sur la circulation rapide et fiable de certaines informations financières. Cette expérience aurait dû élever la cybersécurité bancaire au rang d’urgence nationale et instaurer des mécanismes de prévention, d’alerte et de communication particulièrement notables.
De nos jours, la BRH admet, elle-même, que la fraude, le phishing, l’usurpation d’identité et la cybercriminalité peuvent éroder la confiance dans le système financier. C’est précisément pour cette raison que le cas de Capital Bank doit servir de test.
Il ne suffit plus d’évoquer la protection numérique dans les documents institutionnels. Il est impératif que la population soit informée sur les entités qui protègent ses avoirs, celles qui contrôlent les systèmes de sécurité, ainsi que sur les interlocuteurs disponibles en cas de crise. Dans le domaine bancaire, le silence prolongé n’est jamais rassurant : quand la campagne de communication se diffuse en TI ZANMI, quand l’information manque, la peur et la rumeur s’installent rapidement.
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