Aujourd’hui, les gens qui s’assemblent autour de l’influence Ariana Milagro Lafond ne sont pas seulement présent en ligne. C’est un signe. Un déjà-vu. Une résonance directe avec la dynamique qu’avait engendrée le mouvement des Petrochallengers.
À cette époque, quelques personnes, des hashtags et une indignation collective avaient réussi à faire trembler le système. Les réseaux sociaux s’étaient transformés en une véritable agora, une place publique, un tribunal populaire, ainsi qu’un levier de pression sans précédent. Mais cet élan, aussi puissant fût-il, n’a pas échappé aux récupérations. Très vite, des agendas dissimulés se sont introduits dans le mouvement. Des aspirations personnelles ont prévalu. Et ce qui était initialement envisagé comme une quête de justice s’est, par moments, dilué dans des considérations politiques.
Aujourd’hui, le même schéma risque de se reproduire. En Haïti, l’influence a toujours un effet. Elle séduit, elle expose, mais surtout, elle aspire. Là où il y a foule, il y a intérêt. Là où il y a mobilisation, il y a une tentation de manipulation.
Que ce soit Abigaïl Alexandre ou Ariana Lafond, la vigilance n’est pas une option. Leur voix porte, leur audience pèse, et leur position les place au centre d’un jeu où chaque contact peut devenir un piège.
L’histoire récente de notre pays nous enseigne que les mouvements échouent souvent non pas toujours en raison de leur force, mais fréquemment en raison d’un déficit de clarté et de cohérence. Le danger n’est pas la mobilisation. Le danger réside dans sa récupération.
Si l’influence doit servir, qu’elle serve avec lucidité. Si la foule doit suivre, qu’elle sache pourquoi. Autrement, nous serons une nouvelle fois témoins de ce cycle bien connu d’enthousiasme, de récupération et de déception. Et Haïti ne peut se permettre de refaire les mêmes erreurs.
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