Après la tension des « Bidenistes », voici maintenant le temps des « Bukelistes ». En Haïti, les références étrangères se succèdent comme des épisodes d’une série télévisée : un modèle chasse l’autre, un dirigeant étranger devient une nouvelle référence, mais les problèmes fondamentaux du pays demeurent.
Les acteurs changent, les discours se modifient, mais le scénario politique semble se répéter. Depuis trop longtemps, une partie de la classe politique et de la société haïtienne cherche à l’extérieur la formule qui pourrait sauver le pays. Hier, l’attention était portée sur Washington et l’administration Biden ; aujourd’hui, certains font référence au modèle sécuritaire lié au président Nayib Bukele.
Le problème réside aussi à l’intérieur. La première force d’Haïti est souvent sa population lorsqu’elle réussit à surmonter ses divisions. L’histoire politique nous rappelle une vieille stratégie : « diviser pour régner ».
Plus une société est fragmentée par les rivalités politiques, les intérêts personnels et les luttes de pouvoir, plus elle se trouve exposée aux influences extérieures et moins elle possède la cohésion nécessaire pour protéger ses propres intérêts. Tant que nous chercherons ailleurs le scénario de notre avenir, d’autres persisteront à occuper la scène pendant qu’Haïti attendra son prochain épisode.
Il ne s’agit donc pas de devenir « Bidenistes », « Bukelistes » ou demain des partisans d’un autre dirigeant étranger. Haïti ne peut pas indéfiniment bâtir son avenir sur le nom d’un président étranger. Les expériences internationales peuvent inspirer le débat, mais elles ne peuvent remplacer un véritable projet national haïtien.
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