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Samuel Madistin et les fantômes de l’histoire

L’histoire a parfois une façon bizarre de se répéter. Les acteurs évoluent, les époques se transforment, mais certaines attitudes semblent persister au fil des siècles sans prendre une ride.

Suite à l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, rares ont été les voix à exiger justice pour le Père de la Patrie. Le climat politique était tel que la défense de sa mémoire pouvait engendrer des conséquences significatives. Les vainqueurs avaient rédigé leur histoire tandis que les partisans de l’Empereur étaient pourchassés ou réduits au silence. Pendant une période prolongée, Dessalines est resté dans son sépulcre sans véritable justice.

Aujourd’hui, on ne va pas comparer Jean-Jacques Dessalines à Jovenel Moïse. Les hommes, les circonstances et les périodes varient. Toutefois, certaines réactions à la mort d’un dirigeant rappellent que les passions politiques peuvent occasionnellement prendre le dessus sur la recherche de la vérité et de la justice.

Les prises de position récentes de maître Samuel Madistin concernant l’assassinat de Jovenel Moïse posent des interrogations. Selon plusieurs observateurs, l’avocat et défenseur des droits humains semble plus motivé par une opposition politique de longue date que par le désir de maintenir la sérénité nécessaire à la manifestation de la vérité.

Cependant, la démocratie requiert une distinction claire entre les divergences politiques et le respect dû à la mémoire d’un chef d’État assassiné. On peut combattre les idées d’un dirigeant de son vivant, mais lorsque la violence remplace les urnes et que l’assassinat remplace le débat politique, toute la société est victime.

On se demande alors si Samuel Madistin avait vécu à l’époque de Dessalines, aurait-il pris une posture différente face à l’assassinat de l’Empereur ? Aurait-il dénoncé les auteurs du complot ou aurait-il laissé les querelles politiques obscurcir la gravité du crime ? Nul ne peut répondre avec certitude. Mais une chose est certaine: aucune démocratie ne se construit sur la banalisation de l’assassinat politique. La justice se doit de demeurer au-dessus des passions, des factions et des intérêts personnels. Quand la haine politique survient à l’homme, c’est souvent l’histoire elle-même qui en résulte. 

redaction@analyseht.com

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