L’élimination d’Haïti de la Coupe du monde 2026 marque non seulement la conclusion d’une aventure sportive, mais également celle d’une campagne de communication gouvernementale significative. Depuis plusieurs mois, le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé a multiplié les engagements concernant la Coupe du monde : l’accès aux retransmissions, la distribution de téléviseurs et la mobilisation nationale pour soutenir les Grenadiers. Cependant, dans de nombreuses régions du pays, de nombreux spectateurs n’ont pas pu assister aux matchs dans des conditions adéquates, alors que la TNH semblait reléguée au second plan.
Le Premier ministre, surnommé par certains « le Roi Didier » a gouverné avec une stratégie comparable à un système défensif en 5-4-1 pour protéger son pouvoir, contrôler sa communication et éviter les risques politiques. Cependant, pendant que le gouvernement adoptait une posture défensive, les groupes armés poursuivaient leur avancée, l’insécurité s’aggravait et des milliers de familles vivaient dans la peur, souvent avec le sentiment d’être laissées à leur sort, tankou yon pitit san gadò.
Aujourd’hui, les membres de la délégation haïtienne regagnent leur pays d’origine. Toutefois, les souffrances de la population persistent. Le Mondial passe, mais les problèmes d’Haïti sont toujours présents. La politique ne se définit pas par le nombre de photographies prises avec des vedettes du football, mais plutôt par la capacité à satisfaire les attentes du peuple. C’est sur ce terrain-là que l’histoire donnera finalement son jugement aux dirigeants.
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