Le 12 janvier 2010 demeure une date inoubliable pour Haïti. Une date qui a divisé des familles, ruiné des vies et détruit des rêves. Une date où la terre a tremblé mais où la conscience nationale, elle, n’a pas bougé.
Ce drame n’a pas entraîné uniquement des morts et des blessés. Il a également généré des bénéfices pour une bourgeoisie cynique, des politiciens prédateurs et une industrie humanitaire internationale qui a exploité le malheur haïtien comme un marché. Les milliards ont circulé. Les ONG se sont multipliées. Mais le peuple, lui, n’a pas changé.
Seize ans plus tard, que voyons-nous ? Les mêmes constructions anarchiques; le même manque de respect des normes; la même passivité collective. Comme si aucune leçon n’avait ete tirée. Comme si la perte de plus de 200 000 personnes n’avait eu aucun effet.
Le 12 janvier a engendré des milliers d’amputés, de personnes en situation de handicap, de traumatisés, ainsi que des familles irrémédiablement disloquées. Cependant, au lieu de convertir cette souffrance en prise de conscience, nous avons emprunté à nouveau la même voie, celle du désordre, de la négligence et de l’oubli. Évidemment, le tremblement de terre a profondément pertube tout en, à l’exception de nos mentalités. Et c’est peut-être là notre plus grande tragédie.
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