Ils signent. Encore. Toujours. Il signent des accords interminables, dépourvus de feuille de route et d’échéancier contraignant. Des visages et postures identiques, la plume brandie portée comme un trophée. On photographie l’instant. On annonce l’espoir. Puis le silence revient.
Haïti, quant à quelle, ne cesse de s’effondrer. Comme toujours, le peuple n’est ni représenté à la table des discussions ni intégré dans le texte. Il se trouve dans les eaux boueuses laissées par les lavalassiens du MTPTC au Cap-Haïtien. Il se trouve soumis à l’obligation d’un couvre-feu instauré par des gangs. Il est dans une angoisse quotidienne, alors que l’État s’effondre et l’insécurité se répand avec ou sans raison.
Pendant ce temps, des échanges de parts de pouvoir s’effectuent de manière similaire à la répartition d’un gâteau d’anniversaire en pleine salle de classe. La caisse publique devient un champ à moissonner.
Preuve que la crise haïtienne n’est pas seulement institutionnelle, elle touche également à la morale. Signer sans lire. Promettre sans planifier. Gouverner sans rendre compte. Cette politique superficielle entraine des accords dépourvus de contenu substantiel et des transitions sans direction.
L’ironie la plus frappante réside dans cette confession devenue emblématique : « J’ai signé, mais je ne sais pas ce que c’est. » Quand l’aveu supplante la responsabilité, la République se transforme en un théâtre.
Haïti ne mérite pas une punition, mais plutôt une orientation: une feuille de route claire pour les élections. Un calendrier public. Des garanties de sécurité. Des mécanismes de contrôle…et un rôle essentiel pour le peuple dans les décisions qui influencent son avenir.
À force de signer sans une vision claire et avec des réserves, on finit par compromettre l’intégrité de la nation. Il est temps de diriger pour construire plutôt que de se contenter de parapher.
WA
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