La musique haïtienne célèbre cette année les 70 ans du compas direct, un genre popularisé par Nemours Jean-Baptiste en 1955. Par ailleurs, cette célébration ne signifie pas que toute la musique appelée « compas » célèbre les 70 ans. Il est important de faire la distinction entre les termes « compas », « compas direct » et « konpa mélas ».
Le compas direct repose sur une base rythmique plus marquée, avec une section spécifique (guitare, compas, congas, batterie, etc.) ; doté d’une structure répétitive pensée pour la danse. Il s’agit d’un style distinct, né dans un contexte urbain et modernisé. Les gens utilisent le mot « compas » de façon générale pour parler de musique haïtienne bien exécutée : « Se bon konpa yap jwe. »
Cependant, le compas est un genre, alors que le compas direct, une forme précise avec ses propres codes.
En analysant la réaction de Patrick Alexis à l’éditorial de Frantz Duval qui parle d’omission des deux géants de la musique haïtienne (Septent et Tropic), Patrick doit aussi comprendre que lesdits orchestres évoluent dans un style musical différent. L’Orchestre Septentrional, fondé en 1948, soit sept ans avant la naissance du Compas Direct. L’autre géant musical, l’orchestre Tropicana d’Haïti, fondé en 1963, ces deux (2) formations jouent un style qui s’apparente davantage au Konpa Melas, un genre plus orchestral, influencé par la biguine, le jazz et les rythmes traditionnels haïtiens. Leurs musiques sont plus nuancées, moins cadencées que le compas direct classique. D’ailleurs, ils sont des piliers, ils représentent deux (2) grandes institutions qui ont nourri la culture et le patrimoine musical.
Célébrer les 70 ans du Compas Direct, c’est saluer une étape importante, sans oublier ceux qui, avant ou parallèlement, ont fait rayonner la musique haïtienne avec d’autres couleurs.





