Haïti n’a pas été préparé suffisamment pour faire face à l’ère numérique. Les téléphones intelligents sont omniprésents, TikTok ainsi que d’autres plateformes sont aisément accessibles, mais l’éducation numérique n’a pas été suivie.
Il suffit d’observer certains spectacles quotidiens sur TikTok. Pour quelques milliers de vues, certaines personnes sont prêtes à révéler leur intimité, à partager leurs conflits familiaux, à exposer leur précarité et, dans certains cas, à compromettre leur dignité. Ce phénomène ne peut plus être perçu comme une simple activité de divertissement en ligne. Il incarne un véritable laboratoire social.
Derrière certaines vidéos virales se dissimulent des interrogations profondes concernant l’éducation, l’estime de soi, la quête de reconnaissance, la banalisation de la vie et la diminution progressive de certaines limites sociales. Les intellectuels ne devraient pas rester silencieux sur ce sujet. Sociologues, éducateurs, spécialistes de la communication et de la technologie, médias, familles ainsi que les institutions publiques doivent d’examiner avec la plus grande rigueur le lien de dépendance entre la jeunesse haïtienne et le numérique.
Les candidats qui exploitent les jeunes électeurs et se font passer pour des candidats de la jeunesse doivent prendre conscience que la technologie peut améliorer la société, mais si elle progresse plus vite que l’éducation, elle peut révéler ses faiblesses.
Haïti dispose déjà des écrans, maintenant il faut éduquer les gens. Nous avons importé les outils avant de montrer comment les utiliser. Résultat : une société connectée technologiquement, mais encore largement désarmée face aux conséquences sociales causées par cette révolution.
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