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7 Juin: DJ Fils-Aimé, la fin d’un spectacle sans musique

À l’approche du 7 juin, Alix Didier Fils-Aimé, qui s’est retrouvé seul au centre de l’appareil exécutif, avance vers la porte de sortie dans un climat de fatigue politique et de frustration populaire.

Depuis quelques mois, le Premier ministre se comporte comme le seul véritable maître à bord. Décisions administratives. Changements dans certains cartels municipaux, réorganisation de structures locales : tout semble avoir été fait dans une optique de contrôle politique plutôt que dans une perspective de résultats concrets. Cependant le bilan reste faible et les tensions se sont intensifiées au sein même des institutions qui étaient censées stabiliser le pays.

Les récentes nominations donnent déjà l’impression d’un pouvoir essoufflé. En matière de sécurité, la situation est encore plus préoccupante. Les gangs continuent d’étendre leur influence, tandis que des familles entières fuient leurs foyers dans diverses régions du pays.

Alors que le pays s’enfonce de plus en plus, l’image du pouvoir reste celle d’un gouvernement qui est davantage occupé à voyager, communiquer et gérer sa survie politique plutôt qu’à apporter des réponses concrètes à la population.

Il n’est plus possible pour le pays de poursuivre son fonctionnement dans l’improvisation et la concentration excessive du pouvoir. L’expérience récente met en évidence les limites d’un pouvoir centralisé, dépourvu de véritable équilibre et de contrepoids.

Dans un contexte aussi explosif, Haïti nécessite un gouvernement bicéphale, où les responsabilités politiques et administratives sont clairement réparties, capable de faire le partage des responsabilités, d’encourager le dialogue et de restaurer une certaine confiance entre les différents acteurs.

Ce modèle favoriserait l’évitement de la personnalisation du pouvoir, la diminution des tensions internes et la mise en place d’une gouvernance plus inclusive face aux défis sécuritaires, économiques et humanitaires.

Aujourd’hui, les Haïtiens demandent des actions, pas des promesses; des dirigeants qui peuvent apaiser, protéger et reconstruire. À l’instar d’un DJ en fin de soirée, DJ Fils-Aimé semble prêt à se retirer de la scène. Cependant, cette fois-ci, le public n’entend ni musique, ni applaudissements.

Anténor Wilfrid

Secrétaire de rédaction Analyse Média

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