Juridiquement, un citoyen accusé, présenté devant un juge qui analyse les charges et les indices, peut recouvrer sa liberté. Le principe est clair et conforme à la démocratie. Dans ce sens, la justice peut se targuer d’avoir respecté la procédure.
Pour certains défenseurs des droits humains, cette issue est brandie comme une victoire. Au-delà de la personnalité politique et controversée de Nenel Cassy, on rappelle à juste titre que la présomption d’innocence n’est pas une faveur, mais un droit.
Si la justice a blanchi Nenel Cassy, les victimes doivent se taire et s’enfermer dans l’oubli. Face au système judiciaire haïtien marqué par l’influence politique, la douleur des faibles est vite effacée face aux projecteurs braqués sur les puissants. Une fois encore, la République semble s’incliner devant l’homme public et non devant la quête de vérité pour les sans-voix, les anonymes.
La libération de l’ex-sénateur Nenel Cassy soulève plus de questions que de réponses. Faut-il y voir un triomphe de l’État de droit ou un simple gain symbolique pour les organisations de défense des droits humains ?
Cette libération reste une victoire à double tranchant. Elle consacre le droit d’un accusé à se défendre et à recouvrer sa liberté. Aussi, elle laisse planer une ombre sur une justice incapable de rendre compte aux victimes, où la balance penche souvent du côté de ceux qui parlent fort, jamais de ceux qui crient en silence.
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